La mode pollue, ok. Et donc on fait quoi ?

La mode pollue, ok. Et donc on fait quoi ?

14 janvier 2019 0 Par Alexis

Le secteur de l’habillement est l’un des plus polluants au monde et repose principalement sur l’utilisation de ressources naturelles non renouvelables.

Bon, jusque-là rien de nouveau me direz-vous, et vous avez raison le sujet a déjà été traité en long, en large et en travers.

L’objectif de cet article est aussi d’essayer de comprendre comment participer à l’émergence d’une mode plus « responsable » avec notamment quelques tips Re. à découvrir à la fin de l’article.

1. Pollution textile : kezako ?

On entend et on lit beaucoup de choses quand il s’agit de pollution textile mais il n’est pas toujours évident de se sentir concerné.

Et on ne vous jette pas la pierre !

Face à d’autres types de pollution qui nous impactent de plein fouet (pollution de l’eau, de l’air ou même sonore), porter des vêtements ne nous donne pas l’impression de participer activement à la destruction de notre planète !

(oui, on en rajoute peut-être un poil, mais vous voyez l’idée)

Notre baromètre de la pollution textile :

Pour vous filer quelques billes, voici selon nous, 3 indicateurs pertinents pour vous permettre d’appréhender l’impact environnemental de l’industrie textile (en plus de la consommation des ressources naturelles, évidemment 😉) :

  • Changement climatique : 8% des émissions mondiales de CO2 sont produites directement ou indirectement par l’industrie textile soit presque autant que l’impact carbone total de l’Union européenne.
  • Consommation d’eau : 4% de l’eau potable disponible dans le monde est utilisée pour produire nos vêtements, et au-delà de la consommation, les eaux utilisées à la production ne sont pas complètement retraitées avant leur évacuation…
  • Santé des personnes : 3kg de produits chimiques sont nécessaires pour la production d’1kg de coton2.  Autant de matière potentiellement (certainement ?!) toxique que l’on porte et respire tous les jours sur nous.

Sans oublier l’évolution de la population !

Pour compléter le tableau, selon un rapport des Nations Unies la population mondiale devrait augmenter de 30% d’ici 2050, soit autant de nouvelles personnes à habiller.

Ainsi, au rythme où nous consommons les vêtements cela représente une croissance de 63% d’ici 2030 soit l’équivalent de 102 millions de tonnes de vêtements consommés chaque année dans le monde…

Et 102 millions de tonnes c’est beaucoup…..beaucoup trop…

Bref, Houston on a un problème

2. Euh, serait-il possible d’appuyer sur bouton « off » de la machine à polluer, svp ?

Malheureusement, il n’y pas de bouton magique sauf à ce que l’humanité décide du jour au lendemain de vivre « à poil »…

Du coup, c’est dead ? On s’en fout ? on lâche l’affaire, après moi le déluge…

Et bien non, il y a des solutions !

Nous pouvons encore décider de ne pas mourir étouffés par tous ces vêtements. En revanche soyons honnêtes, cela va prendre du temps et cela se fera uniquement avec une collaboration de l’ensemble des acteurs de l’écosystème de la mode sur chacune des étapes de la vie du vêtement (production, fabrication, distribution, consommation et recyclage).

Or, il s’agit certainement là du plus grand challenge quand on sait que seulement 8 % des enseignes de mode placent le développement durable au cœur de leur stratégie.

  «  Le développement durable n’étant pas eu cœur de la stratégie des marques, il ne peut y avoir à l’heure actuelle de rencontre entre l’offre et la demande. Et nous pensons qu’il faudra encore 10 ou 15 ans pour qu’offre et demande de mode responsable se retrouvent »

Thomas Delattre (IFM)

Nous on pense (on espère) que cela peut aller un peu plus vite …

Le sujet est de plus en plus présent dans les médias et dans la tête des consommateurs qui souhaitent plus de transparence et d’informations sur leurs vêtements et commencent à préférer les produits de mode « responsables » (1 Français sur 5 en 2018).

Et ça, c’est un bon petit début.

La tendance observée dans le secteur de l’alimentation semble se reproduire dans le secteur de l’habillement avec des marques et enseignes qui doivent évoluer. Et elles l’ont bien compris car des solutions aux problèmes soulevés ont été identifiées, notamment accélérer la transition de l’industrie de la mode vers un modèle circulaire. 

A titre d’exemple, lors du Fashion Summit de Copenhague en 2017, 143 marques et enseignes de mode représentant 12,5% du marché (Adidas, asos, Décathlon, H&M, Nike, …) se sont engagées et ont défini des objectifs pour :

3. Et moi à mon échelle, je fais quoi ?

Evidemment, il est parfois compliqué de se sentir responsable et de devenir militant(e) d’une mode éco-responsable quand on compare sa « situation » à la source du problème… D’autant plus que la mode et ÊTRE à la mode sont devenus sacrés !

«  S’habiller est une forme d’expression de soi. Il y a des indices de ce que vous êtes dans ce que vous portez. »

Marc Jacobs

Et, disons-le, il est difficile (impossible ?!) d’adopter un comportement 100% éco-responsable.

Ajoutez à cela nos contraintes (personnelles, financières, pratiques,…), BREF ça en fait des raisons de ne pas beaucoup se remuer alors que “le sort de la planète est en jeu” !

Pour autant, quand on sait que chaque année, une femme achète environ 30kg de textiles, alors qu’elle ne porte que 30% de sa garde-robe…. On se dit qu’il y a surement quelques gestes simples à adopter pour participer à l’effort de guerre contre la surconsommation.

A titre d’exemple, voilà quelques tips :

(que nous compléterons prochainement…)

  • Privilégiez le style, lui il ne se démode pas  : il est préférable de se faire plaisir en dénichant une pièce de qualité (même seconde main) plutôt que de multiplier l’achat de plusieurs pièces identiques, certes jolies mais qui ne résistent pas à deux lavages…
  • Evitez les achats impulsifs en adoptant la méthode BISOU:

B comme besoin : A quel besoin cet achat répond-il?
I comme immédiat : Dois-je l’acheter tout de suite ?
S comme semblable : Ai-je déjà un objet qui a la même cette utilité?
O comme origine : Qu’elle est l’origine de ce produit et comment a-t-il été créé ?
U comme utile : Cet objet va t-il m’être vraiment utile?

Marie Lefèvre et Herveline Verbecken (« J’arrête de surconsommer »)
  • Donnez une seconde vie à vos vêtements : vendez, donnez, recyclez faites comme vous voulez mais surtout arrêtez de les entasser dans vos placards. Car plus vous attendez pour donner une seconde vie à vos vêtements plus il sera difficile d’en optimiser le cycle de vie (ie. qu’ils soient reportés, réutilisés puis recyclés)

Et rappelez-vous ce que nous disait Pierre Desproges :

« Chaque fois que vous consommez, vous votez pour le type de monde que vous voulez. »

Du coup, ca vous dit de Re. ?

C’est par là :

logo Re. avec lien vers le site

Source : 

Sustainable fashion – A discussion on sustainability, eco-responsibility, recycling, alternative fabrics,  and slow fashion IFM

Etude Measuring Fashion, menée par l’agence suisse Quantis en collaboration avec la fondation américaine ClimateWorks

Ellen MacArthur Foundation, A New textiles economy. Redesigning fashion’s future outlines, 2016 et Circular Fibres Initiatives Analysis, 2016.

« Pulse of the Fashion Industry » de Global Fashion Agenda & The Boston Consulting Group

Etude Thred up 2019